Le journal — Gestes de cuisine
Comment préparer un tartare de bœuf : morceau, coupe, assaisonnement et sécurité
Le tartare est l'un des plats les plus simples qui soient : une viande crue, quelques condiments, un jaune d'œuf. C'est justement pour cela qu'il ne pardonne aucune approximation. Un morceau trop nerveux, une viande hachée trop tôt, un assaisonnement trop appuyé ou une assiette servie tiède, et tout l'équilibre s'effondre. Ce guide reprend, dans l'ordre, les gestes qui font la différence : choisir la bonne pièce et savoir quoi demander à son boucher, la tailler au couteau plutôt que la hacher, respecter sans compromis la chaîne du froid, puis doser un assaisonnement classique avant d'oser, si le cœur vous en dit, quelques notes orientales. Nous terminerons par le service, les accompagnements, le vin, les erreurs à éviter et ce qui distingue un tartare fait maison d'un tartare commandé au restaurant.

L'essentiel en trente secondes
Pour préparer un tartare de bœuf, choisissez un morceau maigre et tendre, sans nerf, comme le cœur de rumsteck ou le filet, acheté le jour même chez le boucher. Gardez la viande au froid jusqu'à la dernière minute, puis taillez-la au couteau en lamelles, en bâtonnets et enfin en petits dés : la texture garde ainsi de la mâche, contrairement à la viande hachée. Assaisonnez juste avant de servir avec échalote, câpres, cornichons, persil, moutarde, quelques gouttes de Worcestershire et de Tabasco, un filet d'huile, sel, poivre et un jaune d'œuf. Comptez 150 à 180 g par personne en plat, servez aussitôt sur une assiette froide, et ne préparez jamais le tartare à l'avance.
Les bases
Qu'est-ce qu'un
tartare de bœuf ?
Le tartare de bœuf est une préparation de viande crue, taillée finement puis assaisonnée à cru. Son nom vient d'une légende tenace, celle de cavaliers des steppes qui auraient attendri leur viande sous la selle : l'histoire est sans doute plus romanesque que vraie, mais elle a donné son nom au plat. En France, le « steak tartare » s'installe dans les brasseries au XXᵉ siècle et devient un classique, souvent servi avec des frites et une salade verte.
Deux traditions coexistent. Le tartare « préparé » arrive en salle déjà assaisonné par la cuisine, prêt à déguster. Le tartare « à préparer » est servi nature, la viande au centre de l'assiette, entourée de ses condiments et coiffée d'un jaune d'œuf dans sa coquille : c'est le convive qui mélange à son goût. Les deux sont légitimes ; l'un mise sur la maîtrise du cuisinier, l'autre sur le plaisir du rituel.
On le confond parfois avec le carpaccio, l'autre grand plat de bœuf cru. La différence tient à la coupe et à l'assaisonnement : le carpaccio est tranché en feuilles très fines, presque translucides, puis simplement arrosé d'huile, de citron ou de parmesan ; le tartare est taillé en dés ou haché, puis lié par ses condiments. Même matière première, deux textures, deux expériences.

La matière première
Quel morceau de bœuf
choisir pour un tartare ?
Sur une viande crue, rien ne masque un mauvais choix. Le morceau décide de la tendreté, de la mâche et de la netteté du goût.
Les morceaux maigres et tendres
Les pièces de référence sont maigres, tendres et sans nerf. Le cœur de rumsteck est le choix des bouchers : goûteux, régulier, d'un bon rapport qualité-prix. Le filet offre la texture la plus fondante, mais son goût est plus discret et son prix nettement plus élevé. La tende de tranche, issue de la cuisse, est une excellente option, maigre et plus abordable, à condition d'être soigneusement parée. Le rumsteck entier convient aussi, à condition d'en retirer les parties nerveuses.
Pourquoi éviter les morceaux gras ou nerveux
Cuit, le gras fond et nourrit la viande ; cru, il reste ferme, cireux en bouche et masque le goût. Les morceaux de travail, comme le paleron ou le gîte, sont parcourus de tissu conjonctif : délicieux mijotés, ils deviennent caoutchouteux à cru et impossibles à tailler proprement. Une entrecôte très persillée, superbe grillée, n'est pas non plus le meilleur candidat pour un tartare classique.
Viande maturée ou viande fraîche ?
La maturation concentre les arômes et attendrit la fibre, ce qui peut séduire en tartare. Mais elle développe aussi des notes plus puissantes, presque de noisette, qui ne plaisent pas à tout le monde à cru, et elle exige une hygiène de conservation irréprochable. Une maturation courte et maîtrisée par un boucher sérieux convient ; une viande fraîche de grande qualité reste la valeur sûre pour débuter.
Pour comprendre ce que change le temps de repos, lisez notre article Qu'est-ce que la viande maturée ?.
Que demander à son boucher
Dites clairement que la viande est destinée à un tartare : un bon boucher choisira la pièce en conséquence et la parera entièrement, sans nerf ni aponévrose. Demandez-lui de la laisser en un seul morceau, sans la hacher, et précisez le jour de consommation. Achetez le jour même, idéalement en fin de course, et rentrez directement.
Pour aller plus loin sur les pièces et leurs usages, consultez Comment choisir son morceau de bœuf.

Le geste qui change tout
Couteau
ou hachoir ?
Le hachoir écrase les fibres, chauffe la viande par friction et produit une pâte homogène, un peu molle, qui rejette son jus. Le couteau, lui, tranche net : chaque petit dé garde sa forme, sa fraîcheur et sa mâche. C'est cette texture franche, où l'on sent encore la fibre du bœuf, qui signe un tartare de belle table. La technique demande dix minutes et un couteau parfaitement affûté.
- 01Placez la viande parée 15 à 20 minutes au congélateur : bien ferme, elle se tranche sans glisser ni s'écraser.
- 02Taillez-la en lamelles régulières de 3 à 4 mm d'épaisseur, à contre-sens des fibres.
- 03Empilez quelques lamelles et recoupez-les en bâtonnets de la même largeur.
- 04Recoupez les bâtonnets en petits dés réguliers, puis réservez-les aussitôt au réfrigérateur dans un bol posé sur de la glace.
Les règles non négociables
Hygiène et sécurité
La viande crue ne laisse aucune place à l'improvisation. Quelques principes simples suffisent à cuisiner en toute sérénité.
- Respectez la chaîne du froid : sac isotherme pour le trajet, réfrigérateur dès l'arrivée, dans la zone la plus froide.
- Achetez la viande le jour même et consommez-la dans la foulée, jamais le lendemain.
- Préparez à la dernière minute : la viande taillée et assaisonnée s'oxyde, rend son jus et se dégrade vite.
- Travaillez sur un plan de travail propre et froid, avec des ustensiles lavés, passés au froid si possible ; lavez-vous les mains avant et après.
- Ne laissez jamais un tartare à température ambiante : ce qui n'a pas été mangé ne se garde pas.
- Utilisez des œufs extra-frais et conservés au réfrigérateur.
Par précaution, la viande et les œufs crus sont déconseillés aux femmes enceintes, aux jeunes enfants, aux personnes âgées et aux personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies. Pour tous les autres, une viande de qualité, bien conservée et préparée au dernier moment se déguste sans inquiétude.
Étape par étape
L'assaisonnement
classique
Les ingrédients incontournables
La version de brasserie repose sur une liste courte et précise : un jaune d'œuf extra-frais, une échalote finement ciselée, des câpres et des cornichons hachés, du persil plat, une cuillère de moutarde forte, quelques gouttes de sauce Worcestershire et de Tabasco, un filet d'huile neutre ou d'olive douce, du sel fin et du poivre du moulin. Chaque élément a un rôle : le piquant, l'acidité, le croquant, le liant, la fraîcheur.
Les dosages et l'ordre de mélange
Pour 150 g de viande, comptez une demi-échalote, une cuillère à café de câpres, deux cornichons, une cuillère à soupe de persil, une cuillère à café de moutarde, deux ou trois gouttes de Worcestershire, une goutte de Tabasco et une cuillère à café d'huile. Commencez par mélanger dans un bol froid la moutarde, le jaune, l'huile et les sauces, comme une petite émulsion. Ajoutez ensuite les éléments hachés, puis la viande en dernier, et mélangez délicatement à la fourchette, sans écraser. Salez, poivrez, goûtez, ajustez : mieux vaut rajouter que corriger.
Préparé en cuisine ou assaisonné à table ?
Préparer le tartare en cuisine permet de maîtriser l'équilibre et de servir une assiette prête, nette et régulière. Le servir nature, condiments disposés en petits tas autour de la viande et jaune dans sa demi-coquille, laisse chacun composer son assaisonnement : une jolie façon de recevoir, à condition que la viande reste au froid jusqu'au dernier moment.
Variantes
Oser des notes orientales
Le tartare classique se prête volontiers à quelques pas de côté. Dans l'esprit de la cuisine qui marie savoir-faire français et saveurs d'Orient, voici des idées d'assaisonnement à essayer chez soi. Remplacez le persil par de la coriandre fraîche ciselée, ajoutez une pincée de cumin torréfié ou de sumac, quelques zestes de citron ou d'orange, ou faites infuser une pointe de safran dans l'huile une dizaine de minutes avant de la mêler à la viande.
La règle d'or reste la même : l'épice accompagne, elle ne recouvre pas. Ajoutez-la par petites touches, goûtez à chaque étape, et retirez un condiment classique quand vous en introduisez un nouveau pour ne pas surcharger l'ensemble. Le goût du bœuf doit rester au premier plan.
Pour choisir vos épices avec justesse, lisez notre article Quelles épices avec la viande rouge ?.
Le service
Avec quoi servir
un tartare ?
Le duo historique reste les frites et une salade verte : le croustillant chaud des frites répond à la fraîcheur de la viande, la salade bien assaisonnée apporte de l'acidité et allège l'assiette. Quelques tranches de pain de campagne grillé, frottées ou non d'ail, font un compagnon plus simple et très efficace, surtout en entrée.
Servez le tartare sur une assiette passée au réfrigérateur, dressé à l'emporte-pièce ou en quenelle, et ajoutez les accompagnements chauds au tout dernier moment, à côté et jamais dessous, pour que la chaleur ne tiédisse pas la viande. En portion, comptez 150 à 180 g par personne en plat, environ 80 à 100 g en entrée.
Découvrez aussi nos accompagnements maison et nos entrées et salades.

L'accord
Quel vin servir
avec un tartare ?
La viande crue, l'acidité des câpres et le piquant de la moutarde appellent un vin vif plutôt qu'un rouge puissant et boisé. Les rouges légers et fruités, aux tanins souples, servis un peu frais autour de 14 °C, sont des partenaires naturels : un gamay, un pinot noir ou un rouge de Provence peu extrait. Le rosé de Provence, sec et salin, est une autre réponse très juste, surtout aux beaux jours ou avec une version aux agrumes.
Si vous tentez les notes orientales, restez sur la fraîcheur et le fruit : les tanins marqués durcissent au contact des épices. Les principes d'accord restent les mêmes qu'avec une pièce grillée, simplement transposés à une viande plus vive.
Explorez notre sélection de vins de Provence et les principes détaillés dans Quel vin avec une entrecôte.

À éviter
Les erreurs les plus courantes
Hacher à l'avance
Une viande taillée le matin pour le soir s'oxyde, grisaille et perd sa tenue. On taille et on assaisonne au moment de servir.
Trop assaisonner
Moutarde, Tabasco et Worcestershire s'accumulent vite. Si l'on ne sent plus le bœuf, c'est raté : dosez peu, goûtez souvent.
Servir tiède
Une assiette chaude, un tartare oublié sur le plan de travail : la viande crue doit arriver froide, sans exception.
Se tromper de morceau
Un morceau nerveux ou trop gras devient caoutchouteux à cru. Le choix de la pièce se fait chez le boucher, pas après.
À table
Et si vous le goûtiez
préparé par des pros ?
Le tartare maison a son charme, mais celui d'une cuisine professionnelle repose sur un approvisionnement suivi, une chaîne du froid maîtrisée et un geste répété chaque soir. À Plan de Campagne, L'Entrecôte de Dubaï sert un tartare de bœuf à la carte, préparé à la commande, dans une salle chaleureuse où une cave de plus de 200 références attend votre accord.
Vous n'avez plus qu'à choisir votre vin et à profiter : le service se prolonge jusqu'à 01h00 tous les soirs, et le parking gratuit de la zone vous attend à deux pas.
Prenez le temps de découvrir notre tartare de bœuf, ou parcourez toute la carte.

Questions fréquentes
Le tartare maison, en pratique
Peut-on préparer un tartare de bœuf la veille ?
Non. La viande taillée s'oxyde et se dégrade rapidement, et l'assaisonnement acide la « cuit » légèrement. Achetez la viande le jour même, gardez-la entière au froid et taillez-la juste avant de servir.
Combien de grammes de viande par personne ?
Comptez 150 à 180 g par personne pour un plat, et 80 à 100 g pour une entrée. Prévoyez un peu plus de viande brute si le boucher ne l'a pas entièrement parée.
Peut-on congeler la viande avant de faire un tartare ?
Un passage de 15 à 20 minutes au congélateur facilite la découpe. Une vraie congélation est possible pour une viande très fraîche, congelée aussitôt, puis décongelée lentement au réfrigérateur, mais la texture perd un peu en netteté.
Quelle différence entre un tartare et un carpaccio ?
Les deux sont du bœuf cru. Le tartare est taillé en petits dés ou haché, puis lié par des condiments ; le carpaccio est tranché en feuilles très fines et simplement arrosé d'huile, de citron ou de parmesan.
Faut-il mettre l'œuf entier dans un tartare ?
Non, seul le jaune est utilisé : il lie et adoucit l'assaisonnement. Le blanc rendrait la préparation liquide et fade. Choisissez un œuf extra-frais, conservé au froid.
Le tartare se coupe-t-il au couteau ou au hachoir ?
Le couteau donne un résultat supérieur : les dés gardent leur forme et leur mâche, alors que le hachoir écrase les fibres et réchauffe la viande. Une viande bien froide et un couteau affûté rendent l'exercice facile.
Pour aller plus loin
Envie de passer de la théorie à l'assiette ? Découvrez notre tartare de bœuf, préparé à la commande à Plan de Campagne.
Le tartare, sans passer en cuisine
Service jusqu'à 01h00 tous les soirs, cave de plus de 200 références et parking gratuit à proximité, à Plan de Campagne.
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